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Organisation mondiale du commerce (OMC) : Les politiques commerciales des pays de l’UEMOA à la loupe de l’OMC

vendredi 10 novembre 2017

Les pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont soumis, du 25 au 27 octobre dernier à Genève, leurs politiques commerciales à l’examen de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Il y a peu, l’exercice était individuel mais les 8 États ont décidé d’y aller désormais ensemble, convaincus que cela traduit leur forte complémentarité et que cela contribuera à une participation profitable de l’UEMOA au commerce mondial et au renforcement de l’intégration régionale.
Pour le ministre sénégalais du Commerce, Alioune Sarr, porte-parole des États membres de l’UEMOA, « le mécanisme d’examen des politiques commerciales est un important instrument qui prône la transparence, la prévisibilité et l’efficacité du système commercial multilatéral ».


L’intérêt des États membres de l’OMC pour l’UEMOA était évident. La plus éloquente des preuves a été le nombre des questions qu’ils ont posées sur la politique commerciale de l’Union. Environ 200 questions pour comprendre, mais aussi des suggestions pour une meilleure insertion des États membres de l’UEMOA dans le système commercial multilatéral.
Il y a déjà des acquis, parce qu’en une vingtaine d’années d’existence, l’UEMOA a à son actif, plusieurs politiques communes (agriculture et amélioration de l’environnent). Il y a également l’adoption d’un pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité qui définit notamment des critères de convergence pour le déficit budgétaire, le taux d’inflation, l’encours de la dette intérieure et extérieure et le taux de pression fiscale. Sans oublier l’amélioration constante du climat des affaires et l’existence d’un tarif extérieur commun pour près de 6000 lignes tarifaires.
Autant de réalisations qui, ainsi que l’a relevé l’Ambassadeur de la Suisse auprès de l’OMC et présentateur de l’événement Didier Chambovey, « ont conduit le FMI à considérer l’UEMOA comme étant, de tous les groupes régionaux d’Afrique, l’union la plus avancée en matière d’intégration ».
« Au cours de la période examinée, la croissance économique moyenne de l’union s’est élevée à près de 6% avec un maximum de 9.3% pour la Côte d’Ivoire et un minimum de 4.6% pour le Niger. Ce taux de croissance moyen de 6%, supérieur au taux de croissance mondial, reflète le dynamisme et le potentiel économiques de l’Union », a souligné par ailleurs Didier Chambovey.
De fait, la sous-région regorge d’énormes potentialités. Comme l’a relevé Alioune Sarr, « au sein de l’UEMOA, on retrouve le premier producteur mondial de cacao, le premier producteur mondial de l’anacarde, le premier producteur africain de coton, le troisième producteur africain de café ». Les
États membres de l’UEMOA sont également producteurs de banane, d’huile de palme, d’ananas, de caoutchouc, de beurre de karité, d’arachide, de sésame, de mangue, d’oignon, etc.

Améliorer la compétitivité

Le ministre sénégalais n’a pas omis le secteur minier qui est en pleine expansion. Les pays disposent, en effet de gisements relativement importants de pétrole, de gaz, d’uranium, d’or, de phosphate, de zinc, de diamant, de manganèse, de fer, même si ces ressources sont essentiellement exportées et même si l’industrie extractive reste peu intégrée aux économies nationales et n’apporte pas toujours les effets d’entraînement escomptés.
Des atouts donc, mais surtout des défis. De nombreux défis qui plombent les efforts visant à créer un environnement de croissance économique dynamique par la construction d’un marché commun compétitif, ouvert, et attractif pour les investisseurs.
Nombre de ces défis ont, du reste fait l’objet de questionnements de la part des pays membres de l’OMC et ont trouvé réponses auprès des pays membres de l’UEMOA.
Les pays membres de l’OMC ont relevé que les performances économiques pourraient être meilleures si les infrastructures économiques, notamment de transport sont renforcées, les économies diversifiées, les produits de base miniers substantiellement transformés et le coût de l’énergie réduit.
Les pays de l’UEMOA ont répondu qu’en matière d’exploitation minière, un nouveau code minier communautaire est en cours d’adoption. Les initiatives nationales telles que l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives ainsi que celles relatives à la promotion de la transformation locale sont développées.
Au titre du secteur de l’énergie, l’offre s’améliore à travers les interconnexions et la promotion des énergies renouvelables. Le renforcement des capacités est en cours dans tous les États membres.
En ce qui concerne le transport aérien, des solutions adéquates sont envisagées pour désenclaver le territoire de l’Union par le développement d’un système de transport aérien sûr, ordonné, efficace et moins coûteux.
Au titre des mesures correctives, Alioune Sarr a assuré les partenaires de l’OMC que les pays membres de l’UEMOA mettent tout en œuvre pour se conformer aux dispositions relatives aux mesures de défenses commerciales prévues par les accords de l’OMC.
Selon lui, « les taxes et prohibitions à l’exportation en vigueur dans certains États membres portent sur un nombre très limité de produits avec pour objectif principal d’inciter à la protection de l’environnement ».

Huit pays, un destin commun

Au terme de ce premier examen conjoint des politiques commerciales, les pays membres de l’UEMOA ont lancé un appel aux membres et au secrétariat de l’OMC pour une assistance technique et financière en matière de renforcement des capacités. Cela pourrait se faire par le biais de projets comme celui initié en collaboration avec le Centre de commerce international (CCI), le Projet d’appui à la compétitivité du commerce et à l’intégration régionale (PACCIR). L’Union européenne y a déjà contribué pour 3 millions d’euros mais il manque encore 8 millions pour en boucler le financement et la contribution des partenaires de l’OMC est attendue.
« Huit pays, un destin commun », tel est le slogan de l’UEMOA. Huit pays complémentaires, d’énormes potentialités reconnues par les partenaires, mais aussi de nombreux défis à relever pour leur pleine participation au système commercial multilatéral.
Les pays membres de l’UEMOA dont les économies sont fortement tributaires de l’agriculture, fondent beaucoup d’espoir sur la 11è conférence ministérielle de l’OMC qui se tiendra en décembre prochain à Buenos Aires et cela a été rappelé à l’assemblée par le ministre burkinabè du commerce Stéphane Sanou.
Pour lui, « seules des avancées significatives en vue de la conclusion du Programme de Doha pour le Développement permettront d’offrir plus de possibilités en matière de commerce, d’investissement et d’emploi ainsi que le renforcement du système multilatéral”.
On y évoquera la question du coton et le ministre burkinabè a souhaité que “la proposition du C4 trouve un écho favorable à la CM11”.
“Au nom du Burkina-Faso, j’en appelle à la flexibilité des membres afin d’aboutir à des résultats concrets lors de cette conférence et plus particulièrement sur les volets suivants : l’agriculture dans ses trois piliers, le coton, la détention de stocks à des fins de sécurité alimentaire, le traitement spécial et différencié (TSD)”, a-t-il notamment déclaré.

Mathieu Bonkoungou
Ambassade Mission permanente du Burkina à Genève

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