Le chef de la diplomatie burkinabè en France : Mettre en route l’Accord sur la gestion des flux migratoires
Le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Régionale a effectué du 31 août au 04 septembre 2010, une visite de travail en République française. SEM Bédouma Alain Yoda a répondu à une invitation de son homologue français, SEM Bernard Kouchner. Cette visite a été marquée par une série d’entretiens avec des personnalités françaises, une rencontre avec le personnel de l’Ambassade du Burkina Faso en France et des interviews accordées aux médias.
La série d’entretiens avec des personnalités politiques françaises a débuté le 1er septembre après une rencontre avec le personnel de l’Ambassade du Burkina Faso en France, le 31août. Ces entretiens ont porté sur des questions politiques et économiques.
Première personnalité que le Ministre d’Etat a rencontrée, le Sénateur Jean-Pierre Plancade, président du Groupe d’amitié Burkina Faso-France au Sénat. Le Ministre d’Etat, à l’occasion, a magnifié l’amitié entre les deux pays. Une amitié soutenue par la diplomatie parlementaire, l’action extérieure des parlements des deux pays. SEM Bédouma Alain Yoda a ensuite donné au Sénateur Plancade des informations sur le Burkina Faso, notamment celles relatives aux projets de réformes politiques et institutionnelles. Il lui a aussi renouvelé l’invitation du chef de l’Etat à la célébration du cinquantenaire de l’indépendance du Burkina Faso. Jean-Pierre Plancade a accepté l’invitation et a félicité les autorités burkinabè pour avoir envisagé d’opérer des réformes politiques et institutionnelles. Il a dit toute son admiration pour le Burkina Faso et son Président. En effet, grâce au leadership du Président Blaise Compaoré, très actif dans les actions de médiation dans des pays en crise, le pays est revenu sur la scène internationale. Il a relevé au passage le niveau très élevé de la coopération décentralisée entre le Burkina Faso et la France.
La deuxième personnalité à s’entretenir avec le Ministre d’Etat fut le Directeur Général de l’Agence Française de Développement (AFD). Avec M. Dov Zerah, les échanges ont porté sur des questions économiques : la production, la transformation des productions locales, l’énergie. Plus précisément il a été question de la restructuration de la filière coton, de l’appui à la filière lait, de l’appui à la SONABHY, du financement des petites et moyennes entreprises et de celui des activités des femmes rurales, entre autres. Ainsi, des accords allant dans ce sens pourraient être signés dans les mois à venir au cours d’une visite que le Directeur Général de l’AFD pourrait effectuer au Burkina Faso.
Après le Directeur Général de l’AFD, ce fut le tour du Député François Loncle, président du Groupe d’amitié Burkina Faso-France à l’Assemblée Nationale française de recevoir la visite du Ministre d’Etat. Tout comme au Sénat, Bédouma Alain Yoda et sa délégation ont bénéficié de la part de leur hôte d’une oreille attentive qui a encouragé les autorités du Burkina Faso à mettre en œuvre les réformes politiques qu’elles croient être en phase avec les attentes des Burkinabè.
Rendre opérationnelle la gestion concertée des flux migratoires
Le point d’orgue de la visite de travail du Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Régionale en République française a été le déjeuner qu’il a eu avec son homologue français Bernard Kouchner. Avec lui, un tour d’horizon des rencontres bilatérales et multilatérales a été fait. Le ministre Kouchner a salué les efforts du président Compaoré dans ses médiations, et s’est félicité de la qualité des relations qui lient le Burkina Faso et la France, ainsi que du soutien que le Burkina Faso apporte à la France et vice-versa dans la gestion de la sécurité et de la paix dans le monde tant au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qu’au niveau du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine, et à l’intérieur de la CEDEAO.
A la rencontre le 03 septembre, avec le ministre français de l’immigration, de l’intégration nationale du développement solidaire, M. Eric Besson, un accord a été signé par les deux ministres. Cet accord concerne les projets qui seront mis en œuvre dans le cadre du développement solidaire. Il s’inscrit dans le cadre global de l’Accord sur la gestion concertée des flux migratoires entre le Burkina Faso et la France, et porte sur une valeur de trois millions cinq cent mille (3,5) Euros pour une première étape. Il est envisagé à terme, de l’augmenter à six (06) millions d’Euros. Les retombées positives de cet Accord pour les populations burkinabè sont certaines. Selon le Ministre d’Etat, « Il s’agit de sédentariser les jeunes dans leurs terroirs en leur permettant de mettre en œuvre des projets qui vont leur procurer des revenus et ceux d’entre eux déjà partis qui ont des projets porteurs et qui veulent rentrer au pays, à le faire ». Sur la non-ratification à ce jour de l’accord sur la gestion des flux migratoires par la partie française ? Le Ministre d’Etat, dira qu’ « il n’y a pas de problème particulier. Comme le ministre Eric Besson l’a expliqué, en vérité, il s’agit d’encombrement de ‘’pipes’’ de projets de loi soumis à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Aujourd’hui, le projet de loi de ratification est au Sénat et en principe, l’accord devrait être ratifié avant la fin de l’année ; Nous, nous avons déjà la loi autorisant la ratification. Lorsque la partie française sera prête, nous allons procéder à l’échange des instruments de ratification ».
Des échanges politiques et diplomatiques
Le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Régionale a aussi eu des entretiens avec les principaux responsables de la Présidence de la République française, notamment M. Claude Guéant, Secrétaire Général de la Présidence et les Conseillers de la Cellule africaine de l’Elysée. « C’étaient des discussions beaucoup plus politiques et diplomatiques. Toutes ces personnalités, non seulement ont encouragé le président du Faso, mais également, ont affirmé de façon continue et unanime le rôle central que joue le Burkina Faso et son Président dans la sous-région et en Afrique. C’est une visite qui nous a permis de nous rendre compte que le Burkina Faso est considéré sur tous les plans en France, notamment sur les questions de la sécurité dans la bande sahélo-saharienne, les questions de médiation dans les pays qui connaissent des difficultés… Globalement, c’est une visite positive », a dit SEM Bédouma Alain Yoda.
Dans le cadre de cette visite, le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Régionale a accordé des interviews à la presse internationale. Une conférence de presse s’est tenue au Centre d’Accueil de la Presse étrangère (CAP), le 03 septembre 2010. Les préoccupations des journalistes à l’occasion, ont surtout porté sur les rumeurs relatives à la présence d’Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) au Burkina Faso et aux actions de médiation du président Blaise Compaoré. Le Ministre d’Etat a donné des réponses rassurantes aux différentes questions.
La visite du Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Régionale s’est achevée par une réception offerte à lui et à sa délégation par l’Ambassadeur du Burkina Faso en République française, SEM Luc Adolphe Tiao. C’était en présence du personnel de l’Ambassade, des membres de la communauté burkinabè vivant en France et de certains amis français du Burkina Faso.