Poste de contrôle juxtaposé de Cinkansé
Mieux s’imprégner des réalités de la mise en œuvre
Le vendredi 21 octobre 2011, une délégation du Comité national de suivi de la libre circulation des personnes et des biens, du droit de résidence et d’établissement dans l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a effectué une visite sur le site du Poste de contrôle juxtaposé (PCJ) de Cinkansé. La délégation était conduite par le Secrétaire Général du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Régionale, Monsieur Eric Tiaré.
Le
PCJ de Cinkansé est un dispositif
mis en place par l’UEMOA, en vue de sécuriser et fluidifier le trafic, d’assurer
un contrôle efficace et rapide et d’uniformiser les opérations de passage à la
frontière Burkina-Togo. Mais six mois après son ouverture officielle, beaucoup
de difficultés entravent la mise en œuvre effective du fonctionnement du PCJ de
Cinkansé. Et c’est pour s’imprégner des réalités sur le terrain, que le Comité
national de suivi de la libre circulation des personnes et des biens, du
droit de résidence et d’établissement dans l’espace CEDEAO a fait le
déplacement pour mieux comprendre les blocages au fonctionnement de cette
infrastructure qui a couté 7,8 milliards de franc CFA à l’UEMOA.
L’infrastructure est un regroupement des services de contrôle des deux pays frontaliers (le Burkina Faso et le Togo) et de certains auxiliaires de transit et de transport sur un même lieu. Sur le site, se dressent deux bâtiments jumeaux, l’un pour le Togo et l’autre pour le Burkina Faso. Chacun abrite les administrations frontalières de son pays, avec des bureaux reliés par un réseau informatique visant à faciliter la communication. Cette infrastructure dotée d’équipements modernes, devrait permettre aux usagers d’accomplir de façon simultanée les formalités de passage aux frontières.
Malheureusement,
le PCJ de Cinkansé n’arrive toujours pas à fonctionner pour atteindre les
objectifs qui ont motivé sa mise en place. Les services de police et de
gendarmerie n’ont pas encore totalement emménagé sur le site. Et pour ceux qui
y sont comme la douane, c’est toujours l’ancien système qui continue de
fonctionner dans l’accomplissement des formalités douanières ;
c’est-à-dire l’enregistrement manuel. Le scanner qui devrait être utilisé pour
les différents contrôles ne l’est toujours pas, pourtant il est bien
opérationnel. Selon Emmanuel Nakoulma, chef de la douane de Cinkansé, ils sont
toujours dans l’attente d’ « instructions venant d’en haut»
pour l’utilisation de cet outil.
Selon les responsables des forces de l’ordre, le site du PCJ a été érigé assez loin de la route principale reliant Ouagadougou et Lomé, route toujours empruntée par les conducteurs de camions et les transporteurs. Pour les contrôles, ils sont donc obligés de déserter leurs bureaux situés au PCJ pour rejoindre les usagers de la voie principale. Mais pour ces différents responsables sur le site, le véritable problème reste celui de la coordination. Jusqu’à ce jour, ni les usagers, ni les agents ne savent qui est le « patron » sur le site. Ce qui pose un problème de gestion du système informatisé, de l’interconnexion et même de l’entretien des infrastructures qui commencent à se dégrader.
Pour les membres du comité national de suivi de la libre circulation des personnes et des biens, il faut rapidement trouver des solutions afin de permettre à ce projet pilote dans l’espace UEMOA, d’être pleinement fonctionnel. « En tant que parlementaire, nous allons interpeller les exécutifs pour revoir la mise en œuvre du projet », a indiqué le député Saran Séré Sérémé, membre du comité.
