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Table-Ronde de la 11ème édition des journées des communautés vivant au Burkina Faso La jeunesse, un puissant vecteur d’intégration

 

Dans le cadre de la 11ème édition des journées des communautés vivant au Burkina Faso, une table-ronde sur le thème desdites journées, « la jeunesse face aux défis de l’intégration africaine », a été animée, le vendredi 28 octobre 2011. Trois (03) communications ont été présentées à cette occasion. Le modérateur de cette table-ronde était le Ministre de la Jeunesse, de la Formation professionnelle et de l’Emploi, M. Achille Tapsoba, qui avait à ses côtés le Ministre Délégué chargé de la Coopération Régionale, M. Vincent Zakané.

 

La première communication a porté sur le sous-thème « jeunesse, citoyenneté, civisme et intégration ». Elle a été présentée par M. Paul Ouédraogo du ministère de la Jeunesse, de la Formation professionnelle et de l’Emploi. Dans son exposé, M. Ouédraogo a d’abord fait un état des lieux des actions menées en faveur de la promotion de la citoyenneté. Il a ensuite parlé de la contribution de la jeunesse à l’intégration africaine. Concernant le premier point, le conférencier a relevé les acquis et les difficultés rencontrées. Les acquis sont entre autres :

-l’élaboration et l’adoption du programme harmonisé d’éducation civique en 1999 ;

-l’élaboration des programmes sectoriels d’éducation civique au sein des départements ministériels qui interviennent dans le secteur de l’éducation ;

-la formation des formateurs et d’animateurs en éducation civique ;

-l’organisation des vacances citoyennes.

Les difficultés majeures qui constituent des obstacles à la pleine réalisation des actions dans le domaine du civisme et de la citoyenneté sont entre autres :

- l’insuffisance du volume horaire consacré à la formation des jeunes à l’éducation civique ;

-l’insuffisance des supports pédagogiques ;

-la démission de certains parents face à leur rôle d’éducateur ;

-l’influence néfaste des médias.

Sur le deuxième point à savoir la contribution de la jeunesse à l’intégration africaine, M. Paul Ouédraogo dira que « la participation de la jeunesse burkinabè au processus d’intégration est intimement liée à son organisation et à sa mobilisation », la jeunesse étant un puissant vecteur de brassage et de rapprochement entre les peuples. Pour le conférencier, pour y parvenir, il convient de poursuivre un certain nombre d’actions. Parmi lesquelles, on peut citer :

-l’implication des jeunes à la mise en œuvre du programme Jeunesse de la CEDEAO, de la Charte africaine de la Jeunesse et du Plan d’Actions de la décennie africaine de la Jeunesse 2009-2018 de l’UA ;

-l’intensification des échanges inter jeunes ;

-l’organisation de camps chantiers internationaux de jeunesse ;

-la formation continue des jeunes aux idéaux de paix, de fraternité, d’amitié, de tolérance, de non violence et de dialogue ;

-la participation des jeunes aux rencontres des organisations sous régionales et régionales.

L’impact de ces actions va contribuer selon M. Ouédraogo, à la réalisation progressive de l’intégration africaine.

 

L’organisation des communautés vivant au Burkina Faso

 

La deuxième communication a été présentée par M. Hugues Martial Penda-Ngbemboua, enseignant-chercheur à l’Université Ouaga II.  Elle a porté sur « l’organisation des communautés vivant au Burkina Faso et leur contribution au développement du pays hôte ». Le conférencier a relevé l’existence de la Coordination des communautés vivant au Burkina Faso comme structure faîtière chargée de l’organisation desdites communautés. Cette Coordination est selon lui, l’instrument privilégié dans la conduite de l’intégration des communautés vivant au Burkina Faso. Cependant, elle souffre d’une faiblesse qui est la non-implication des jeunes dans la Coordination. Pour une meilleure organisation des communautés et une contribution plus efficace au développement du pays hôte, M. Penda-Ngbemboua soutient qu’il faut apporter un appui institutionnel durable à ces communautés, systématiser la représentativité de la jeunesse dans la Coordination et donner une forte impulsion à la mise en œuvre de la libre circulation des personnes et des biens.

Le Professeur Luc Marius Ibriga  de l’Université Ouaga II a  été le troisième intervenant. Sa communication a porté sur le thème général, « la jeunesse face aux défis de l’intégration africaine ». Le Professeur Ibriga a identifié quatre (04) défis majeurs en ce qui concerne les processus d’intégration. Ce sont:

-le développement des ressources humaines ;

-l’appropriation par les populations des processus d’intégration;

-la promotion d’une intégration de résultats ;

-la construction d’une communauté de droit et de paix.

 

L’intégration avec les jeunes

 

Pour faire face à ces défis, le conférencier affirme que l’intégration doit investir dans la formation des jeunes via la création de centres de formation communautaires. La jeunesse selon lui, doit être organisée parce qu’elle est indispensable pour la pérennité de l’intégration. Cette jeunesse doit s’approprier les règles de libre circulation et du droit d’établissement. Dans ce contexte, les jeunes ont deux (02) rôles fondamentaux à jouer: un rôle d’avant-garde qui consiste à vulgariser et à défendre les idéaux de l’intégration et  un rôle d’interpellation et de veille vis-à-vis des gouvernants sur la question ; l’intégration devant se faire « avec les jeunes et non pas seulement pour les jeunes ».

Les débats qu’ont suscités les trois (03) communications, ont été très nourris. Les participants composés en grande partie de jeunes, ont interpellé les gouvernants sur la nécessité de passer de la théorie à la pratique. Ils leur ont demandé de faciliter les actions de jeunes en faveur de l’intégration à travers un accompagnement conséquent et la suppression des visas en Afrique pour les Africains. Ils ont par ailleurs déploré ce qu’ils qualifient d’absence de vision des chefs d’Etats en matière d’intégration africaine. Sur cette question, le Ministre Délégué chargé de la Coopération Régionale et son homologue de la Jeunesse, de la Formation professionnelle et de l’Emploi, ont tenu à rassurer les uns et les autres sur l’existence d’une vision. Cette vision selon M. Vincent Zakané, est bâtie sur les Communautés économiques régionales (CER). Celles-ci doivent à terme permettre la réalisation d’une intégration parfaite et harmonieuse de toute l’Afrique, suivant une approche par cercles concentriques.